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Plus d’un an sans écrire d’article et bien décidée à m’y remettre de manière régulière, je profite d’une superbe journée de pluie tropicale pour me lancer.

Pluie tropicale? « Mais t’es où? »

Hé oui, je suis en vacances au soleil! Damned. Alors que rien (ou de trop lointaines nouvelles pensions-nous naïvement) ne laissaient présager que notre voyage serait perturbé, le lendemain de notre arrivée en Guadeloupe, les autorités Canadiennes conseillaient aux Canadiens de ne voyager que si c’était vraiment nécessaire. Le surlendemain ils lançaient un avertissement aux voyageurs : revenez au pays. Avons-nous été inconscients? Oui, probablement. Mais c’est facile à dire à la lumière de tout ce qu’on sait aujourd’hui. L’OMS annonçait que l’épidémie était passée au statut de pandémie pendant notre vol. Bref, ce qui est fait est fait.

On a donc fait ce qu’on a pu pour devancer notre départ. Je vous laisse imaginer l’état du service à la clientèle d’Air-Canada. (bruit de cricket). Tout à fait possible d’acheter un billet tout neuf à fort prix, mais beaucoup moins possible de changer une date de retour. En principe, notre vol de retour devrait être respecté dans 4 jours. Nous devrions donc sagement « faire notre temps » /profiter de nos vacances qui soudainement n’en sont plus /respecter le confinement Français. En principe #cavabienaller. Je dis en principe parce qu’en période de crise, rien n’est plus incertain qu’un principe.

Je me remet donc à ma résolution d’écrire cet article, consciente de ne pas avoir assez de recul sur la situation et régulièrement déconcentrée par la lecture frénétique de mon fil d’actualités et de nombreux messages de proches inquiets.

Tout d’abord je suis franchement étonnée de relire mon dernier article et de constater que plusieurs réflexions s’adaptent parfaitement au contexte ambiant de Coronavirus « …et comme dans le monde actuel, la seule constante est le changement, on est amené à vivre de plus en plus souvent ces périodes de flottement. S’en inquiéter est humain, notre cerveau de sapiens n’est pas à l’aise avec l’incertitude, mais l’inquiétude draine inutilement nos énergies et nous empêche de profiter du climat parfait pour aller explorer et tester de nouvelles pistes qui s’avèrent souvent des tremplins vers nos nouvelles aventures ».

Tentant de passer de la théorie à la pratique et prête à avaler ma propre médecine, je tente de me calmer et profiter à la fois du climat (réel = paradisiaque mais ressenti = chaotique) pour explorer de nouvelles pistes.

Petit exercice d’auto-coaching. Quels sont mes objectifs? Sortir de la peur liée à l’incertitude, me réapproprier un certain pouvoir et me rendre utile. Les circonstances sont ce qu’elles sont. Que puis-je faire? Chercher à qui la faute ou faire une chasse aux sorcières afin de pointer du doigts ceux qui ont choisis d’avoir un comportement que je juge irresponsable n’est d’aucune utilité. Je le sais pour l’avoir testé. J’ai essayé ça quelques jours et ça n’aide en rien à se sentir mieux. Pire, ça nourrit la peur, parce que oui, il y a encore beaucoup d’inconscience alors si on se veut le témoin de comportements débiles il y a une tonne de possibilités de s’alimenter à cette source en ce moment. Que puis-je faire d’autre? Me mettre au service de ma communauté. En ce moment, les gens n’ont pas vraiment besoin de branding, êtes-vous surpris?

Au cours des derniers jours, pendant ma captivité au soleil (ici vous pouvez rire), j’ai été témoin d’une foule d’initiatives aussi créatives qu’intelligentes dans mon entourage et l’entourage de mon entourage. Initiatives venant de personnes qui ne sont pas épargnées du tout par les événements. Des gens qui prennent actions et qui décident de créer de la valeur, peu importe les circonstances. Vous vous reconnaîtrez, je vous admire et vous m’avez servi d’exemple. Comme je suis un peu lente, il a fallu que j’accuse le coup. Je me suis accordée cette permission de traverser une période de confusion. Passage nécessaire afin de réorganiser mes pensées et mes actions alors que la majorité de mes paramètres ont changés.

Pour la petite histoire, nous sommes bien rentrés et avons sécuritairement organisé notre deuxième phase de captivité. Ce matin j’ai repris mes activités, qui je vous l’avoue sont vraiment moins nombreuses qu’à la normale et j’ai fait un coaching. Par Zoom, quarantaine oblige. Cette toute première session depuis mon retour, m’a fait réaliser que cette phase de réajustement (qui sera certainement suivie par plusieurs autres) est vécue par tout le monde en ce moment. Le monde n’a peut-être pas besoin de branding, mais il a certainement besoin de coaching. Je peux donc mettre à contribution mes compétences toutes neuves.

En ce moment, on expérimente à la fois tous ensemble quoique séparément, l’insécurité et la peur de perdre. Ça va peut-être durer plus longtemps qu’on l’imagine. Il y a des gens sur la ligne de front qui sont plus occupés que jamais et on les remercie, mais plusieurs d’entre nous redécouvrons une richesse que nous avions perdu. Le temps. Prenons donc ce temps pour nous questionner sur ce qui fait du sens pour nous, sur nos forces, sur ce qu’on peut offrir au monde. Prenons ce temps pour redéfinir ce que nous pouvons et voulons en faire qui nous fera du bien tous ensemble, même séparément.

* Merci à Daniel Bélanger qui a inspiré le titre de l’article et conçu la trame sonore de ces étranges vacances en temps fous