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On a parfois l’impression que tout est lourd. Du lever au coucher on est oppressé, on a le contrôle sur rien, notre quotidien est fait d’une suite d’obligations dans lesquelles on n’éprouve aucun plaisir. Ou si peu. On a l’impression de devoir se battre pour chaque petit détail. On est fatigué. Je suis passée par là. J’ai eu beau avoir entendu maintes fois l’expression « On ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie », je n’arrivais pas à me projeter de vivre le reste de mon existence dans cet état. Un jour particulièrement pénible, j’y ai vu le signe clair qu’il était temps de réévaluer mes priorités.

Il peut y avoir un tas de raisons de ne pas se sentir bien, un parent malade, un patron dictateur, un job monotone, un conjoint frustrant, des enfants ingrats, des ennuis financiers, une tonne de tâches ménagères, trop peu de reconnaissance et aucun temps pour soi.

La raison peut être que vous n’êtes pas qui vous aimeriez être? Devriez être?… mais en fait savez-vous qui vous êtes?

On passe une partie de sa vie à se conformer à ce qu’on attend de nous, on finit par prendre l’habitude de s’évaluer à travers les yeux des autres. C’est assez difficile de savoir au bout d’un moment, ce qu’on veut vraiment… Il faut d’abord en prendre conscience sinon on risque de perdre de belles années à tenter de trouver de petites solutions à chacun des symptômes qui nous oppressent sans nous occuper de la raison sous-jacente. Et c’est ce qui nous arrive tous quand on s’occupe de « l’urgent » plutôt que de « l’important ».

Il faut d’abord se connaître, savoir de quoi on est fait, apprendre à se regarder sans jugement et sans complaisance. Une image juste de soi est la base. On doit savoir ce qu’on vaut, sans forcément questionner l’autre. L’amour inconditionnel est assez rare. Soyons lucide, ce qui intéresse souvent ceux qui vous entourent c’est ce que vous pouvez leur apporter. Ils vous jugent donc avec ces critères et votre valeur varie selon leurs besoins… ou pire, leurs humeurs. C’est donc un faux départ. Plus on veut plaire, plus on devient l’instrument des autres. Plaisons-nous d’abord à nous-même, ce n’est pas de l’égoïsme, c’est de la pure logique.

Nous sommes en mesure de donner pleinement quand nous sommes bien, à l’aise, en équilibre. Quand nous sommes la personne que nous voulons être.

Comment savoir quand on y est? C’est à peu près l’inverse du malaise décrit au premier paragraphe. On se sent bien, les choses arrivent, on agit naturellement, on ne se bat plus, on sent qu’on a des racines et qu’on prend des forces. On fait davantage confiance à ce qu’on ressent, on est pas dévasté par la moindre mauvaise nouvelle, troublé par le temps qu’il fait dehors. On sent davantage qu’une chose, une aventure, un projet est fait pour nous ou pas.  On n’hésite plus à communiquer nos besoins, poser nos limites, calmement, avec conviction, avec fierté.

C’est l’exercice d’une vie. Mais à se fait un pas à la fois. Suffit de commencer.